samedi 3 décembre 2011

Nouvelles aventures, nouveau blog!

(Décembre 2011) - Je repars pour un long voyage, cette fois en Océanie et Asie pour 9 mois.

Suivez-moi sur ce nouveau blog: blogvoyage.ca

...À bientôt!

mercredi 12 mars 2008

La fin d’une aventure.. et le début d’une autre !

Une fin
Hier soir j’ai soupé avec Fatou et Elhadj, après une douche chaude, un bon souper et un peu de salsa, j’ai fait mes adieux, j’étais très heureuse de les avoir connu. Fatou dit qu’elle pense venir au Québec cet été, peut-être on pourra danser la salsa au Cactus ensemble. Ensuite ce matin jai fait des crêpes pour remercier les personnes du Réseau. Tous ont adoré. Reste à changer mes francs cfa en euros, récupérer mon sac et je serai prête. Je prends l’avion ce soir à 23h50 avec null autre compagnon que mon nounours, que apres une longue délibération j’ai décidé d’amener.

Une nouvelle aventure
Après avoir passé 4 mois au Sénégal, j’entreprends une nouvelle aventure de 6 semaines. Cette fois-ci je visiterai le Maroc, l’Espagne et la France. Montagnes, déserts, randonnés, nouvelles rencontres. Je vous invite à suivre mes aventures via ce nouveau blog :



http://marocespagnefrance.blogspot.com/


..à tout de suite!

Autres observations

Il y a certaines choses dont jaurais voulu parlé, mais dont finalement je n’aurai pas eu le temps, notamment à cause de la perte de ma clé qui faisait que je ne pouvais plus écrire le soir.

Un autre point de vue
Il est tres important pour les femmes d’ici de se trouver un mari. Si elles atteignent la trentaine sans avoir commencé a fonder une famille c’est souvent mal vu. La fille ne devient pas femme tant quelle n’a pas de mari. Et toute fille veut devenir femme ici. Peu importe si le mari est à l’etranger, ou si elles doivent le partager avec une autre, au moins elles ont un mari, et c’est seulement ca qui importe.

Talibés
Les talibés sont les enfants de la rue. Ils ne fréquentent pas les écoles publiques, mais d’autres écoles coraniques, qui ont a leur tête un marabout. Ce marabout les nourrit et les loge, car autrement la plupart serait dans la rue. Ils apprennent à lire le Coran en arabe. Et ils doivent quêter pour obtenir un peu d’argent afin d’amener leur contribution a l’école. On les voit souvent au coin des rues, un viel homme la main sur leur épaule, ils s’approchent de la voiture et demandent quelques francs. On veut aider ces enfants, mais en meme temps on n’est pas sur si l’argent donné leur est destiné ; j’ai entendu dire que souvent ces enfants sont utilisés pour enrichir les poches de leur marabout. Et comment ils peuvent apprendre quelquechose si ils passent leur journées, pas sur les bancs de l’école mais au coin des rues à quêter...

mardi 11 mars 2008

Point final sur mon travail

En général le mandat prévu a été complété. Le site web est en ligne en version francaise et anglaise. Comme le Réseau voulait, chaque organisme dispose de sa page et il y a des informations à propos des projets, de l’agenda et des publications. Le module de pétition est présent, mais externe.

J’aurais aimé le faire interne mais il fallait changer d’hébergeur, chose que j’ai déduit un peu tard. Je ne pensais pas que ca serait si long avoir un nouvel hébergement. Il faut payer par virement à une banque de France et les frais sont élévés. Il faut se deplacer a la banque, demander les signatures des personnes responsable du Réseau pas toujours présentes. Puis renvoyer la confirmation par fax. Et en plus tout le monde est surchargé, jai beau essayé de fixer des rendez vous et de rapeller a chaque jour à Fatou qu’il y a des choses dont j’ai besoin, mais ca avance pas. Depuis 2 semaines on ne cesse de reporter la formation sur la mise à jour du site et jai bien limpression quelle n’aura pas lieu puisqu’il me reste que 1 jour. Au moins jai fait le mieux que je pouvais ; j’ai installé les logiciels nécessaires sur les ordinateurs et j’ai rédigé 3 documents détaillés de formation à suivre étape par étape (Comment mettre à jour le site, Editer une image et Consulter les statistiques).

En plus du mandat initial jai aussi réalisé d’autres taches qui sont apparues lorsque le besoin se faisait sentir. Un dépliant sur le Profem, un projet. (Toutefois l’imprimeur tarde). J’ai passé beaucoup de temps à aider Fatou et Aminata à classer leurs documents et courriels qui étaient disposés un peu n’importe comment. Je leur ai montré comment organiser efficacement leurs fichiers pour les retrouver facilement.

Fatou est bien contente de mon travail, reconnait que jai fait de mon mieux et que s’il y a des trucs pas tout à fait finis c’est pas de ma faute, car elles étaient surchagées. Et dit qu’elle veut que je revienne l’an prochain!

Impressions en résumé

Les wow

  • La baignade dans le lac rose, trop le fun flotter
  • La foret de baobabs et les palmerais près de Thies, surtout au coucher du soleil
  • L’excursion à l’Ile Sarpan, trop beau paysages et baignade avec poissons
  • La longue plage argentée sétendant à l’infini, de la langue de Barbarie
  • La balade en scooter sur la corniche
Les plus
  • Le dépaysement culturel intense
  • La famille élargie
  • La téranga
  • Les beaux habits colorés des femmes
  • (et, un gros plus, si je serais un garcon, je dirais :) Les belles femmes
Les moins
  • Le dépaysement culturel intense
  • La pollution, les déchets partout
  • Le traffic
  • La pauvreté, surtout les enfants

samedi 8 mars 2008

Vie de tous les jours à Dakar

Perte de poids
C’est bien, depuis je suis ici je crois que jai réussi à perdre le poids que j’avais pris en Equateur. Au gym, une fille s’approche de moi. -T’as perdu du poids toi! Qu’est ce que tu as pris? -Euh ben cest pas ce que J’AI PRIS, cest plutôt ce que j’ai PAS PRIS. Tu sais ce qui fait grossir c’est manger beaucoup de riz, de patates et de pain. Et le thé le midi, c’est trop de sucre. Et faut aussi faire de l’exercice, moi je vais gym 3 fois/semaine -Oui oui ok. Souvent les filles que je connais ont recours à des moyens étranges pour perdre du poids. A la maison des boissons étranges trainent dans les frigos. -Aida c’est pour quoi ca? -C’est pour perdre du poids. –Ok et comment ca marche? -En fait, si tu bois ca, tu vas avoir la diarrhée. Ouff. Un autre soir, je croise Fama, la voix quasi éteinte. -Qu’est ce qui se passe avec toi? Elle va dans sa chambre, sort une solution de pelures d’ananas boullies. –On m’a dit de prendre ca pour perdre du poids. Mais depuis je l'ai pris hier, ma voix est comme ca. Je leur répète qu’il faut aller au gym et bien manger, mais souvent les solutions traditionelles semblent plus faciles..

Préparation
Mon prochain voyage s’en vient vite, plus que 5 jours. Pour apporter le moins de poids possible j’ai demandé à autres 3 volontaires montréalais de mettre certains de mes trucs dans leurs bagages pour les rapporter. J’ai acheté des tits cadeaux à ma famille. J’ai fait renfoncir mon sac à dos chez le coordonnier. Heureusement Karim a eu la gentilesse de m’accompagner partout en scooter pour faire mes nombreuses courses. Juste avant de partir je vais donner une carte du Québec à chaque personne de la famille et du travail en guise de remerciement. J’en ai donnés 7 à ma précieuse amie Aida avec des remerciements, souhaits, des conseils, des mots drôles et des dessins dedans. Ah oui, et finalement ca se peut que je revienne plus tôt que prévu, peut-être immédiatement après le Maroc, car mon ancienne job au Cirque cherche du monde maintenant. À suivre.

mercredi 5 mars 2008

Ça me rappelle une autre fin…

Pour ceux qui ne le savent pas, l’an passé j’ai fait le même programme en Équateur. http://www.izzabelle.canalblog.com/ Malgré que l’Afrique soit tout à fait différente de l’Amérique du Sud, il arrive que certaines choses m’y fassent penser. Lorsque je vois des garçons jouer au football. Lorsque j’entends les chansons en espagnol des feuilletons.

Souvent je repense à où j’étais, il y a exactement un an. J’en ai reparlé à certaines personnes, et ça me rend triste, la gorge serrée, à chaque fois que j’y repense. J’étais si heureuse la bas, à un point fou... La nuit je rêvais souvent que j’étais de retour au Canada, tellement triste d’être si loin de ce pays que j’adorerais et surtout de José Luis. À chaque matin, je me réveillais extraordinairement heureuse d’être là bas. Et le retour fut terrible, terrible. J’avais le cœur tellement brisé, c’était indescriptible. Ouff juste a l’écrire j’ai les larmes aux yeux.

J’ai bien aimé l’Afrique mais, comme je le savais avant même mon départ, ça n’arrive pas à la cheville de l’Équateur. Souvent, je me surprends à regarder combien coûte un billet d’avion vers Quito. Ou avec une envie d’écrire à José Luis. Je me demande si j’ai bien fait de venir ici, peut être que j’aurais du retourner la bas auprès de lui, j’étais si heureuse. Je crois que toute ma vie je vais me dire Et si je serais retournée?.. Extrano tanto mi querido Ecuador, dejé mi corazon alla. Je crois que toute ma vie sera « hantée » par ce passage en Équateur.

mardi 4 mars 2008

Incroyablement ridicule

Je suis allée changer mon billet au bureau de Air France cet après-midi. Et j’ai appris un truc assez incroyable.

Mon plan était de faire Dakar-Paris. Ensuite prendre la navette entre Charles-de-Gaulle et Orly Sud. Attendre 5 passionnantes heures puis embarquer sur un vol de Jet4U de Paris à Casablanca.

Or aujourd’hui j’ai appris que du 8 au 14 mars, (à cause du sommet de l’OCI) tous les vols de Air France entre Dakar et Paris feront escale à… CASABLANCA ! Oui. Mon vol le 12 au soir fera escale 1 heure à Casablanca pour faire descendre du personnel. Pourquoi ? C’est que à cause de l’OCI, tous les hôtels de Dakar sont occupés, donc le personnel est hébergé à Casa.

Donc là on m’apprend que mon avion atterrira 1 heure à Casa pour faire descendre du personnel. Je ne pourrais pas descendre moi aussi ? C’est c’est ma destination finale Casablanca. On me répond que UNIQUEMENT LE PERSONNEL peut descendre! Les clients ne sont même pas supposés changer d’avion, seulement attendre une heure dans l’avion. La fille de Air France comprends mon désarroi mais ne peut pas m’aider. Je pourrais peut être descendre à Casa, mais c’est pour mon sac que c'est compliqué. Si je le mets dans la soute avec les autres bagages, il se rendra à Paris. Il faudrait le mettre avec ceux de l’équipage, mais avec leurs politiques strictes ça m’étonnerait qu’ils permettent ça. D’autant plus que le vol Paris-Casa n’est pas avec eux, mais avec Jet4U.

Donc le 12 je vais arriver à Casa à 2am, attendre 1h. M’envoler vers Paris, changer d’aéroport. Attendre 5 heures. Prendre un vol Paris-Casablanca. Pour revenir à 14h30 à une ville laquelle j’étais quelques heures auparavant. Incroyablement ridicule.

P.S. Tout marche par contacts ici. Faites moi signe si vous avez des contacts à Air France

Iles de la Madeleine

Coup de cœur. Dire qu’on avait ça à 15 minutes de pirogue de Dakar et qu’on n’est pas allés avant! On n’entend pas beaucoup parlé de ce parc. C’est que son île principale, l’île Sarpan, est supposément hantée par des djins (esprits). Aussi, son nom a été déformé avec les années et tous l’appellent faussement l’île aux Serpents, et pensent qu’elle est envahie par ces bestioles.

Pourtant la visite de l’île est une expérience très intéressante. A l’arrivée, on peut observer les cormorans sur les formations rocheuses dont les la disposition des couches rocheuses semble avoir été faite par un artiste. On entre dans un lagon à l’eau transparente si calme qu’on aperçoit les poissons à nos pieds sans masque. Poissons jaunes, argent, mauves, rayés, nagent dans ce fond de coquillages beiges et rosés. Lors de la courte balade, on explore l’île et on découvre les différents paysages côtiers. Il est aussi super amusant de monter dans le grand baobab à plusieurs branches. Lors de notre visite, j’ai exploré un peu plus loin, ou j’ai découvert un paysage trop beau. Au fond grands rochers gris en crevasse, à l’avant-plan des rochers noirs sur lesquelles des vagues bleues pales et blanches viennent s’écraser ; et lorsque qu’elles se retirent on voit les algues vertes, d’un vert quasi fluo.



Vraiment, à voir, et revoir. Dommage que je n’ai pas visité cet endroit avant… On avait vraiment l'impression d'etre très loin de Dakar. Surtout qu'elle est inabitée (et protégée) donc à l'abri de la pollution.

Toutes les photos ici :
http://picasaweb.google.fr/IzzabelleM/Senegal_IlesMadeleine

lundi 3 mars 2008

Fruits spéciaux du Sénégal

(On retrouve au Sénégal beaucoup de fruits familiers, je décris ici seulement ceux que je ne connaissais pas.)

Pain de singe
Le pain de singe est le fruit du baobab. Il est appelé ainsi car c’est le pain quotidien des singes. Il est originaire du Sénégal. Le pain de singe a des vertus curatives anti-diarrhée. Lorsqu’on l’ouvre on découvre une pulpe séchée, dure et blanchâtre, parsemée de fibres beiges et marron noyaux noirs. On peut le manger comme tel, mais le goût est un peu acide. Je le préfère de loin en jus, avec du lait et du sucre. Roch et moi on raffole du Bouye, boisson faite à partir du pain de singe.

Corossol
Le corossol est le cousin de la chirimoya. Il a la même chaire blanche, divisée en petites sections avec de gros noyaux noirs. Il est originaire d’Amérique du Sud. On le mange comme tel ou en jus. Très bon, sucré, juteux. Un goût doux faisant penser à la poire.

J’ai fait une recherche, et je me suis rendue compte que le corossol est théoriquement le même fruit que la guayabana (que j’ai connu en l’Équateur). Toutefois en Équateur le fuit est très grand et droit, et ici il est petit et tordu.


Madd
Le madd est originaire de Casamance. Vu de l’extérieure il ressemble à une patate. On l’ouvre. Surprise! Des petits bout de fruits jaune flash. On y goûte. Ouff trop acide c’est fou. Ajoute un peu d’eau, de sucre et brasse-le, on me dit. Ah, comme ça c’est mangeable. Mais ca reste très sur.

Pomme d’acajou
La pomme d’acajou est le fruit duquel vient la noix d’acajou (ou les familiers « cachoux »). Originaire du Brésil. La chair jaune est bonne, juteuse et rappelle un peu le goût de la pomme. Toutefois n’essayez pas de croquer la noix du centre, elle est si acide qu’elle pourrait vous brûler la langue! Il faut griller cette noix, et ainsi elle devient comestible. C’est pour cela que les « cachoux » coûtent si cher, il n’y en a que un par pomme.

Sunnites et chiites

Les musulmans du Sénégal sont des sunnites. Les sunnites constituent la branche majoritaire de l'islam. Ils sont environ 800 millions dans le monde. Les chiites sont une branche dissidente en quelque sorte. Ils sont 100 millions environ et sont particulièrement présents en Iran, en Irak et au Liban (Hezbollah).

Sunnites et chiites croient à la même chose, c’est-à-dire les cinq piliers de l'islam. Le point de mésentente principale concerne la succession du Prophète Mohammed après sa mort.

Les sunnites disent : il n’y a de dieu que Dieu et Mohammed est le Prophète d’Allah. Nous suivons le Saint Coran et la sunna (traditions qui rapportent la vie du Prophète) qui nous guident de siècle en siècle. Les chiites disent : nous sommes entièrement d’accord avec tout cela, mais en plus le Saint Prophète a désigné, sur ordre de Dieu, un successeur en la personne de Ali, cousin et gendre du Prophète, qu’il l’a désigné sur ordre d’Allah. Ali prônait une grande rigueur dans l'application du Coran et voulait instituer des règles de succession qui limitait aux descendants du prophète la possibilité d'être calife. D'autres différences doctrinales importantes apparurent et finalement une séparation se créa au sein de la religion entre les musulmans majoritaires et les partisans d'Ali (Chiites signifie d'ailleurs partisans d'Ali).

A la scission de la religion, une guerre s'ensuivit sur deux générations entre Sunnites et Chiites. Elle s'acheva par la défaite des chiites en Irak où le fils d'Ali et son successeur comme calife, Hussein, sera battu et tué. A partir de là, ce fut la rupture définitive entre Sunnites et Chiites et la haine entre les deux camps.

Autre différence, les intermédiaires entre Dieu et celui qui le prie. Pour les sunnites, il n'y a pas d'intermédiaire entre Dieu et le croyant qui est son propre prêtre et il n'y a pas de hiérarchie religieuse. L'imam sunnite peut donc être n'importe quel croyant et n'est qu'un organisateur temporel des prières. Pour les chiites, le Coran n'est pas compréhensible par tout le monde et qu'il a une forme littérale et une forme ésotérique qui nécessite études et longue pratique. D'ou la nécessité d'une hiérarchie religieuses dont le chef suprême est l'Imam qui est le seul habilité à interpréter le Coran et est infaillible dans ces interprétations. Il a un pouvoir temporel et religieux très étendu et ne se compare en rien avec les imams Sunnites sans pouvoir religieux. Les fidèles lui doivent allégeance. Enfin les lieux saints du chiisme, en dehors de la Mecque, sont situés à Nadjaf où est le mausolée de l'Imam Ali et à Kerbala où est celui de son fils Hussein. Villes dont vous entendez parler régulièrement dans les nouvelles d'Irak.

http://caderange.canalblog.com/archives/2006/09/05/2549377.html
http://www.bladi.net/forum/34657-differences-chiites-sunnites/

Le Magal de Touba

Au Sénégal, la majorité des musulmans se rattache encore, de près ou de loin, à un guide religieux (un marabout). Et, tous les marabouts sont généralement liés, à des degrés divers, à une confrérie religieuse. Ainsi, lorsque l’on parle de l’Islam au Sénégal, les premiers mots qui viennent à l’esprit des Occidentaux connaissant le pays est la question : « Etes vous tidjane ou mouride ? ». (…) Depuis son avènement, le point de base du mouridisme est la ville de Touba avec sa célèbre mosquée. La confrérie compte à sa tête un calife général commandeur de toute la communauté, et il est lui-même descendant direct du défunt et illustre Ahmadou Mbacké dit « Serigne Touba ». L’accès au « califat » se fait de père en fils ou parmi les frères aînés du défunt chef religieux pour perpétuer l’aura du fondateur de la tarîqa.
http://www.afrik.com/article7923.html

Depuis 113 ans les Mourides célèbrent à chaque année le grand Magal de Touba. Cet événement fut lancé en 1895 par le grand marabout Serigne Touba pour marquer son départ d’exil au Gabon. Un véritable raz-de-marée humain envahit la ville à cette occasion. Non seulement des Sénégalais, mais des personnes provenant d’un peu partout en Afrique et dans le monde entier prennent part à ce pèlerinage. En tout plus d’un million de personnes envahit la ville de Touba pour le Magal. On a carrément l'impression que tout le Sénégal entier se déplace là-bas. Dakar se vide lors de cette période, pas de trafic, puisque tous partent à Touba.

Dimanche dernier, des mères, filles et amis de ma famille partaient vers Touba. Il paraît que Olivier et Ariane y vont aussi. Pape voudrait je vienne, j’y vais? Hmmm c’est mon genre de faire partir sur la Go. Je peux pas j’ai trop de boulot au Réseau. En plus il paraît qu’il fait chaud là bas, je me vois déjà dans une foule à étouffer. Et puis les chants religieux je suis plus capable. Je demande à Karim, au cas ou je manque de quoi. Il me confirme ma décision en m’assurant que ça va être 100 fois pire que la foule au show de Morgan Heritage. En plus il fait trop chaud, il y a des coupures d’eau, de courant et beaucoup de pickpockets. Fatou m’apprend aussi le lendemain matin qu’une épidémie de méningite y fait également rage. (oui, je sais je suis vaccinée mais bon). Et avec une si grande foule si loin des hôpitaux ça peut être inquiétant. Toutefois il doit certainement y avoir de l’ambiance. C’est une grande fête marquée par le partage ou les gens offrent à ceux qui en veulent toutes sortes de nourriture (mouton, poulet, bœuf, chameau, pigeon, etc… pigeon?). Il paraît même qu’il est fréquent que les personnes ne trouvant pas de place ou loger se fassent inviter par des personnes du coin à passer la nuit chez elles.

Suivez en temps réel le Maggal : http://www.touba.tv/
Aussi : http://www.htcom.sn/article49.html

---J’avais écrit le post la semaine dernière, je ne regrette pas de ne pas y avoir été. Olivier dit qu’il a dormi à terre. Ariane a été prise dans un accident de voiture, qui a blessé une amie à la jambe, du sang partout. Et pas évident se rendre à l'hopital dans un tel chao. Ouff

vendredi 29 février 2008

Vie de tous les jours à Dakar

Pudeur
Ici entre femmes, pas de gêne. Il m’est souvent arrivé d’être dans une chambre et de voir soudainement une femme nue ou se dévêtissant. Les conversations continuent comme si de rien n’était. Ou alors une personne allant au petit coin, la porte ouverte. Les cuisses ici sont plus érotisées que les seins. On en voit souvent car ils servent à nourrir les enfants, et il y a beaucoup d’enfants ici. Au marché j’ai vu quelquefois des vendeuses, le sein sorti assez en évidence, allaitant. Des boules on en voit partout, par contre des jupes au-dessus du genou c’est assez rare et plutôt mal vu (sauf en boîte).

Et la santé, ça va?
Plusieurs pensent que venir en Afrique égale être malade. Avant mon départ, mes parents stressaient parce qu’un de mes oncles leur avait dit qu’il y avait beaucoup de maladies ici. Fait est, j’ai pas du tout été malade. Bien sur, je ne bois pas l’eau du robinet mais je m’y brosse quand même les dents et je me bourre de salade et tomates. Je dors aussi avec le net, plus pour me protéger des bibittes x qui pourraient grimper dans mon lit que des moustiques, car depuis mon arrivée j’ai aperçu à peine 5 moustiques et demis. La seule chose que j’ai eu côté santé, c’est un petit rhume il y a 3 semaines, en même temps que Roch, car les nuits étaient froides. En passant, statistique étonnante pour ceux qui ne le savent pas, le taux de VIH au Sénégal est un des plus bas en Afrique (0.3%) dépassant à peine celui du Québec (0.2%)

-- J’ai écrit ce post le mardi soir. Et bien sur mercredi je me suis réveillée… Avec des méga crampes et un peu de fièvre. Tsé! Après une rencontre au Réseau, je reviens me reposer dans mon lit, pendant que la température monte et monte.. Quoi? 102,4 F!? Holy shit. Vraiment, ça feel pas, mon estomac fait tout le temps du bruit. Pas question de manger du tchéboudjenne gras. La seule chose dans ma réserve : des bananes. En 2 jours je crois que j’ai mangé 7 bananes. Heureusement j’ai mon Cipro. Beaucoup de bananes et de repos plus tard, je suis toujours pas en plein forme mais ça va mieux.

Une envie de bouger
Il me reste 13 jours ici! Au début je pensais aller en Casamance mais comme le bateau est ancré à Dakar pour une durée indéterminée et que le vol est assez cher, je crois laisser faire. Il y a bien par la route, mais ça prend 12 heures en taxi 7 places inconfortable donc ça me donne pas trop envie. Et anyway, c’est pas comme si c’était le Macchu Picchu la Casamance. Bref je vais concentrer mes énergies (surtout économiques) à la suite du voyage. J’ai hâte de voir les gigantesques dunes au Maroc. Et le beau parc los Picos de Europa en Espagne. Et d’entendre parler espagnol autour de moi. Et de partir loin de ma rue polluée de Derklé à manger du tchéboudjenne. Par contre je vais m’ennuyer de ma grande sœur Aida.

jeudi 28 février 2008

Productivité

Je suis très productive ces temps-ci. En un peu plus d'une semaine j'ai conçu deux dépliants.

D'abord un dépliant pour une école professionnelle de couture, située à Guédiawaye, une banlieue de Dakar. L'école aide à assurer un avenir aux jeunes filles de milieu démuni en leur donnant des cours de couture, gestion, français et anglais. Elles prennent aussi part à des séances de sensibilisations et de discussion sur des sujets importants les touchant (Vih/Sida, planification familiale, etc) . J'ai bien aimé leur réaction lorsque je leur ai présenté, ils en revenaient pas que le résultat ait l'air si professionnel. Vous savez, ça fait près de 5 ans je travaille comme designer, je sais ce que je fais! Au Canada ça couterait très cher un truc comme ca!

Ensuite pour le Réseau en 2 jours j'ai redesigné en 10 fois mieux ce qu'un imprimeur avait conçu en 2 mois. (je sais, la couverture n'est pas super sharp, mais c'est ce que voulait Fatou, ma version avec carré jaune ayant a été refusée car Bleu et Jaune, il parait que ce sont les couleurs du parti au pouvoir). Le Guide Pratique pour le déroulement d'une bonne session de Dialogue présente comment organiser et tenir une session de dialogue dans le cadre du projet PROFEM sur la planification familiale. Fatou pensait que je ne faisais que des sites, et était bien surprise que je fasse de quoi de bien aussi vite.

lundi 25 février 2008

Loin d’être le village...

Dakar est très loin d’être ou d’un jour abriter un village gai. En effet, avoir des relations homosexuelles est illégal ici. L’article 319 du Code pénal du Sénégal stipule qu’il “...sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans, quiconque aura commis un acte impudique ou contre-nature avec un individu de son sexe. Si l’acte a été commis avec un mineur de 21 ans et moins, le maximum de la peine sera toujours prononcé… accompagnée d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs Cfa…” http://www.lequotidien.sn/dossiers/article.CFM?article_id=248&var_doss=54 C’est d’abord la religion (musulmane) qui s’oppose à cette soit-dite perversion. http://www.lequotidien.sn/dossiers/article.CFM?article_id=251&var_doss=54

Au début du mois, une nouvelle défrayait les manchettes. Deux gorjigéen (travestis) avaient simulé un mariage. http://www.xibar.net/index.php?action=article&numero=7138 Les deux hommes ont aussitôt été arrêtés. Le lendemain, ils ont étés libérés, en faisant du chantage car ils menaçaient de révéler l’identité de d’autres homosexuels, occupant notamment les hautes sphères du pouvoir. Plusieurs discussions ont étés lancées. Certains pensaient qu’ils auraient du rester en prison. Refuser cette perversité amenée par le monde moderne qui est une offense à la religion et aux valeurs. Que ce chantage n’était que mensonge. D’autres pensaient qu’il faut les laisser tranquilles, accepter que le Sénégal se modernise en acceptant cette réalité.

Dans les journaux on commence même à dénoncer les fonds publics qui financent des programmes de prévention contre le sida dont la principale clientèle est les homosexuels. Les jours passent. Nouveau titre sur les journaux : Il y aura une marche CONTRE l’homosexualité. J’en croyais pas mes yeux! Nous qui au Québec faisons une marche POUR (l’acceptation de) l’homosexualité. Je pensais à mes amis gais qui seraient bien malheureux ici, oppressés, devant se cacher et se méfier tout le temps. Ouff. Par chance (selon moi) ou malchance (pour certains), la marche n’eut pas lieu officiellement. Au dernier moment, les autorités ont décidé de l’interdire. Des personnes se sont tout de même déplacées pour manifester, même si la loi leur proscrivait de le faire. http://www.sudonline.sn/spip.php?article9125

Les mentalités sont très conservatrices, peu importe la religion. Je parle un peu du sujet autour de moi, et tout le monde me répète la même chose. Ce n’est pas normal, c’est une maladie. Le résultat acquis d’un traumatisme de jeunesse ou un déroutement lors de l’éducation. Une maladie curable. Un choix que les personnes font. Je demande aux personnes s’ils connaissent une personne gaie. Elles me répondent en hésitant, bien oui, j’en ai croisé une dans la rue, ou j’en ai vu une à la télé. Ben c’est pas connaître quelqu’un ça! Tu n’a aucune idée de ce qu’il vie. Moi j’ai des amis gais au Québec, avec qui j’ai passé beaucoup de temps. L’homosexualité n’est pas un choix. C’est déjà assez difficile pour eux de s’accepter tels qu’ils sont. En plus ils sont confrontés aux réactions de leur famille, de leurs compagnons de travail. Ca doit être difficile à accepter et je suis sure qu’ils y en a plusieurs qui se sont dit un jour ou l’autre que s’il existait une boisson magique leur permettant de devenir hétéro, ils la prendraient car la vie serait beaucoup plus simple. Mais ça n’existe pas, car c’est ce qu’ils sont et ils ne peuvent rien y changer. Ils ne peuvent rien y changer car l’homosexualité est un phénomène naturel, présent chez beaucoup d’animaux depuis la nuit des temps. Saviez-vous que l'homosexualité a été observée chez plus de 450 espèces, allant de l'ours au dauphin et du goéland au papillon Monarque? http://www.comlive.net/Homosexualite-chez-les-animaux,66245.htm

Vie de tous les jours à Dakar

Entrevue à Manooré
Jeudi passé de 21h à 22h Roch, Kalilou, Olivier et moi avons passé une entrevue au 89.4 Manooré FM (Radio communautaire). J’étais un peu stressée, moi qui déteste tant parler en public. On prend place en face des micros avec l’interviewer et Mam Djara (une journaliste de la radio). On parle de nos mandats, de notre intégration. Des choses qu’on a appris, de ce qui nous a marqué, autant positivement que négativement. De mon côté, ça se déroule étonnamment mieux que je pensais ; on a impression d’avoir simplement une discussion entre nous puisqu’on ne voit pas les visages de nos interlocuteurs. Les 60 minutes passèrent rapidement et on accepta même de revenir une seconde fois avant notre départ.


Beurre de karité
Le Beurre de karité ou beurre végétal est une substance comestible extraite des fruits du karité, un arbre poussant dans les savanes arborées de l'Afrique.Il a de nombreuses vertus. Aida m’a notamment dit qu’il était très bon pour les cheveux. En l’appliquant sur le cuir chevelu, elle prétend qu’il aide les cheveux à pousser plus vite. J’ai fait une rapide recherche et j’ai lu qu’il aidait les cheveux secs à se renforcir. Je suis aussi tombée sur plusieurs produits de grandes marques dites Au beurre de karité, coûtant assez cher. Tant qu’à payer cher pour des produits contenant un faible pourcentage de la substance, aussi ben appliquer l’original, non? Seul inconvénient, le beurre de karité original dégage une odeur passable. J’ai quand même essayé de tenter le coup, en en appliquant le soir, en le gardant toute la journée, la tête enveloppée dans un foulard. Et effectivement lorsque je lave mes cheveux le lendemain ils sont vraiment ultra hydratés et pas du tout cassants. Je vais m’en rapporter un pot au Québec.
http://www.sheabutter.com/FrShea/applicat.htm


Non!…c’est si difficile à comprendre?

Les garçons d’ici ne prennent pas « non » comme r
éponse. Ils se disent patients, mais en réalité, ils sont plutôt désagréablement insistants. D’abord l’ennuyeux Lindor ne comprend toujours pas pourquoi je ne l’attends pas pour qu’il m’accompagne en sortant du gym. -Si c’est parce que tu pense que j’ai déjà une copine j’en n’ai pas crois-moi. Pourtant je lui ai dit de façon assez directe pour qu’il comprenne. Que je le trouvais ennuyeux, qu’il ne m’apportait rien dans ma vie et que je ne le voulais même pas comme ami. Je ne vois pas comment ça pourrait être plus clair. Je ne comprends pas pourquoi il a tellement confiance en lui comme ça, comme s’il était inconcevable pour lui que je ne sois pas intéressée. Outre Lindor, il y a le frère de Viviane qui s’est mis sur mon cas. Un soir en allant chercher Viviane pour sortir, il m’a vu 5 min, ou j’étais tannée d’attendre, impatiente et pas du tout sympathique sur le moment. Pourtant le lendemain, chez Fatou, je reçois un des messages d’amour ultra quétaine, genre Le soleil, les étoiles, tes yeux.. bla bla.- Fatou je fais quoi je suis pas du tout, mais pas du tout intéressée.Réponds Merci, j’ai tout ce qu’il faut. Il me répond, choqué disant que j’agis comme une ado et qu’il faut que j’accepte son amour. Ahh un autre qui comprend rien, mais pourquoi ils sont tous comme ça, ils acceptent jamais non comme réponse. – Tu sais les mecs sont comme ça ici. Pour eux tu n’es qu’une poule dans le poulailler. Et hop, ils te choisissent dans le tas. Et ils te font l’honneur de te choisir parmi les autres. Alors pour eux c’est impossible que tu refuses cet honneur. Et si tu oses le refuser, tu es vraiment stupide et tu n’as pas réfléchi. – Tssss je suis pas une poule, moi. Je suis une autruche. Et je cours vite vite.

Les salutions

Lorsqu’on arrive dans une pièce il faut saluer tous ceux s’y trouvant. Il faut non seulement dire Bonjour, comment ça va, mais il est également bien vu de demander si on passe une bonne journée et des nouvelles de la famille. –Bonjour, ça va? – Bonjour oui, ça va, et vous ça va? – Ah oui, ça va. Et la famille, ça va? – Oui ça va. – Et la journée? – Oui ça va. – Et le travail ça va? – Oui ça va, ça va. Généralement on donne la poignée de main entre hommes et entre femmes. Toutefois il y a certaines filles, telle Aida, qui ne donnent pas la main à un homme qui n’est pas de sa famille. On peut aussi donner des bisous lorsqu’on salue de la famille proche ou lors d’une fête ; à Noël chez Roch j’étais un peu mélangée, certains en donnaient 1, d’autres 2, d’autres 3. (nous les Québécois, on en donne 2). J’apprends plus tard que chez les Libanais c’est 3.

Lorsque je marche dans la rue, il m’arrive souvent de me faire dire Bonjour, juste comme ça pour aucune raison. Souvent par des petits enfants curieux ou des jeunes hommes essayant de flirter. Je préfère me faire dire Bonjour à me faire dire Toubab! Dans les petites villes (telle Joal), les personnes, souvent les enfants, se contentent de dire Toubab. Les touts-petits le disent tout haut, souvent en me pointant de loin, à la manière d’un jeu Comme ah ah! Je t’ai vu! On entend aussi des adultes chuchoter sur notre passage, bla bla bla toubab, bla bla.

Une chose qui m’a étonnée au début : la manière dont on appelle quelqu’un qui nous offre un service, tel un serveur ou un chauffeur de taxi. On lâche un Pssssst assez fort et pas du tout subtile. Appeler une personne de cette manière au Québec est impensable. On se ferait répondre assez bête et même demander pour qui on se prend pour agir ainsi…

vendredi 22 février 2008

Bouffe Sénégalaise

Plusieurs sautent le petit déjeuner ici (question de sauver des sous). Le matin en général, c’est du pain avec du beurre et un café instant. Personnellement j’y rajoute aussi une banane (car moi j’ai la chance de pouvoir me payer des fruits). J’ai appris au début du séjour que le petit-déj n'était pas inclus dans ce que le Réseau payait à ma famille. Fatou m’a donc payé du lait et des céréales afin que puisse déjeuner au travail. Merci Fatou.

Le déjeuner se prend vers 14h et c’est souvent la même chose, c’est à dire du tchéboudienne, riz au poisson. Les poissons entiers sont dans le grand plat ou on prend des petits morceaux avec les doigts. Souvent j’essaie de m’asseoir du côté ou il y a la carotte pour avoir un peu de légumes et parce que ce n’est pas bien vu de piger dans les choses ne se situant dans sa zone du plat. Tit bout de carotte, tit bout de chou, et un peu de poisson. Je mange lentement car il y a souvent des arêtes. Et beaucoup de riz. Même un peu de celui du fond de la marmite, un peu plus sec et croustillant, que j’aime bien. Il y a deux autres plats qui sont souvent servis au déjeuner et que j’aime pas trop… Un truc sauce à l’arachide et un autre sauce gombo (sauce gluante). En fait, lorsque je réalise que c’est ça le déjeuner, je vais en haut me chercher du riz blanc et je mange seulement ça comme repas. Ou alors je m’ouvre une canne de macédoine de légumes dans ma précieuse réserve.

Le dîner se prend vers 21h et est plus varié. Boulettes de thon. Haricots et mouton. Mouton et patates en sauce. Spaghetti au mouton et patates. On mange beaucoup de mouton ici. Intestins, tête, foie, cœur, on mange tout ("on" excluant ici la personne qui parle :P). Faut faire attention car souvent il y a des tit morceaux d’os dans la sauce. On mange souvent du poisson qui sont présents de la tête et queue dans le plat. Le poulet est très rare, mais lorsqu’on en mange, retrouve aussi le cou du poulet dans le plat (sur lequel j’ai beau gosser, je ne trouve rien à manger). Le dîner est presque toujours servi avec du pain. Quelquefois salade un peu mouillée, haricots, tomates et tranches de concombre au centre absent se joignent au tout. Des frites froides sont aussi parfois servies, que j’accompagne de ketchup dont le contenant se trouve dans le four. On utilise plus le four comme garde manger que comme four comme tel. Mon repas préféré est constitué de légumineuses et ressemblent beaucoup au chili. Je dis clairement Miam Miam fort pour démontrer que j’aime dans l’espoir vain qu’ils en fassent plus souvent. Pendant le repas je suis la seule qui boit, prenant quelques gorgées d’eau dans ma gourde ; les personnes ici boivent toujours après le repas et jamais pendant.

On mange que très rarement un dessert, et celui-ci est toujours constitué de fruits. Ceux-ci coûtant cher (surtout pour une famille nombreuse), on en achète que si c’est la saison. Quand je suis arrivée on mangeait du xal (pastèque) presque à chaque soir. Souvent le soir je vais faire un tour au bureau et je me fait un lait à menthe. Trop bon. Vraiment je vais m’en ramener 50 sachets au Canada.

À part ça au niveau de la bouffe il y a aussi les restos. Les populaires et très nombreuses dibiteries offrent du mouton grillé accompagné de moutarde et d’oignons. Aida en raffole moi je trouve ça plutôt gras. Je vais souvent à un fast food du coin, acheter un hamburger. Gros pain. Petite boulette. Œuf frit. Fromage gruyère. Moutarde dijon (-non, je veux sans moutarde svp). Tranches de tomates (-j’en veux beaucoup, tu peux en mettre 3, 4 ?). Frites DANS le hamburger (-tu peux mettre les frites à part - non c’est impossible). Les restaurants ou l’on prend place pour manger sont séparé par u mur ou un drap, à l’abris de la rue et des passants. Questions que les clients soient à l’abris un moment de la pollution des autos, mais surtout qu’ils aient la paix lorsqu’ils mangent, car se payer un repas au resto pendant que d’autres crèvent de faim, disons que ça peux faire des jaloux. Lorsque Roch et moi sommes allés au resto à Joal, un drap semi-ouvert séparant notre table de la vue de la rue. À la fin du repas, un enfant y jette un coup d’œil et nous aperçoit. – Toubab! Donne moi cette canette! En pointant mon Fanta vide. – Ben prends la! Je dis en rigolant sachant qu’elle est vide. Ses deux amies se précipitent à l’intérieure du resto et prennent les restes froids de mon assiette en toute vitesse. Ils ont vraiment l’air d’avoir faim. Je me sens mal, je dois faire quelque chose. Je sors de mon sac les 3 pommes que j’avais gardées comme collations pour ce week end. Ils me regardent les yeux grands et chacun me dit un gros -Merci. Je me sens un peu mieux mais j’aurais aimé pouvoir faire plus.

Siné-Saloum

Le jour après avoir visité Fadiout, on part à 3 vers le Siné Saloum, puisque Julie restera à l’auberge car elle est malade. On saute dans un taxi « 7 places »…à bord duquel on était 10! Plus un bébé… et un passager sur le toit! Donc 11! Après un trajet au beau paysage, traversant brousse aux baobabs et cocotiers et petits villages, on arrive à Ndangane. Mon livre recommandait un tour des îles, on trouva donc un piroguier et on négocia le tout pour un tarif qui resta assez cher. On embarqua au gros soleil sur une pirogue qui nous mena d’abord à l’Ile de Mar Lodge.

Mar Lodj est une petite ile calme du Siné Saloum. On constata assez vite que la visite allait être spéciale : le guide local de l’ile, Picasso, est soul. Il commence par nous montrer sa boutique, comment il peint les tableaux en sable et d’où viennent les divers sables colorés ; le blanc de la plage, rouge de l’écorce, noir de bois brûlé. On parcoure le village de l’île ou chrétiens et musulmans vivrent ensemble. On croise non seulement des tits moutons, mais pour la première fois des tit cochons (les musulmans ne mangeant pas de porc). On aperçoit une vierge noire dans l’église. Un baobab et un fromager s’étant liés à tout jamais. Il fait très chaud et le rythme de vie semble relaxe, des petits enfants partout, tout le monde rassemblé sur la place pour discuter, pas de voitures, presque pas de pollution. On retourne à la pirogue ou on regretta de ne pas avoir nos maillots et on fila vers la foret de baobabs.

Notre grande pirogue se faufile a travers les bolongs, sections du marécage, (ça me fait penser a la rivière des milles îles ou au djoud). On descend puis on marche sous le gros soleil vers je ne sais trop quoi. Le guide ne nous donne pratiquement aucune explication, un peu décevant à vrai dire. On découvre tout par nous-mêmes. Ah, tient, une termitière! Ah un champs de cacahuètes! Le jeune piroguier de 13 ans réussit tout de même à nous pointer une emprunte d’hyène. Il y avait 3 choses d’incluse dans le tour. -On ne devait pas aller à l’ile aux oiseaux ? –Oui regarde c’est là l’ile aux oiseaux. On passe en vitesse devant une ile semblables aux autres. -Mais là il n’y a pas d’oiseaux, il fallait venir le matin. GRrr il nous a vendu le tour en sachant très bien qu’on n’y apercevrait rien. Maudit crosseur.

Un guide rigolo, mais soul, aucune explications et on aperçu moins d’oiseaux que de notre hôtel de Joal. On se pensait ben fins à se débrouiller seuls, mais on aurait franchement du aller à un hôtel et prendre de quoi de mieux organisé.

Le lendemain on passa tout le lundi matin à relaxer dans les hamacs du Thiouraye. Finalement on revient à Dakar en prenant 2 cars…dont un dont le plancher troué me laissait entrevoir la route! Un peu plus et on avançait avec nos pieds comme les Flintstones…

mercredi 20 février 2008

Joal Fadiout

Joal est une ville de la Petite Côte, situé à 110 km au sud de Dakar. Après plus de 3 heures de route dans un vieux taxi 7 places tombant en ruines, Roch et moi on allât rejoindre nos amies Ariane et Julie (une autre stagiaire québécoise) au Thiouraye, magnifique auberge à Joal. On pensait y dormir seulement la première nuit, mais finalement on est resté 3 nuits, on aimait trop. Les fleurs, les hamacs, et surtout, surtout la vue. De la terrasse on apercevait hérons, pélicans, aigrettes, martin pêcheur, cormorans. Les marées monter et descendre. La tranquillité du matin brumeux. Dans la journée lorsqu’il fait chaud, une légère brise, des hamacs pour s’étendre semi à l’ombre. Une hôte sympathique, un tarif raisonnable, bref on a tous adoré.

Samedi on a marché jusqu’à la rive menant à l’Ile de Fadiout. On décide d’encourager les guides locaux officiels, 2500 cfa par personne pour le tour. Le guide était vraiment qualifié et fournissait une tonne d’explications. Il nous expliquait que l’argent amassé servait non seulement à payer les guides mais aussi à reboiser autour de l’Ile (le bois étant coupé par les villageois) et à restaurer les greniers (afin de conserver le patrimoine et assurer conséquemment la continuité du tourisme). Après avoir passé devant les cultures (ou élevages?) d’huîtres, on débarqua à l’endroit ou se trouvaient les greniers sur pilotis pour le mil. Ils ne sont plus utilisés aujourd’hui mais autrefois ils servaient à garder les céréales à l’abri des flammes. On rejoignit finalement l’île de Fadiout, entièrement couverte de coquillages beiges et blancs…

…Et de nombreuses croix blanches. En effet, l’Ile de Fadiout est si jolie, on oublie presque que c’est un cimetière. Un des rares cimetières ou musulmans et chrétiens sont enterrés côte à côte. On apprend que les musulmans y sont enterrés dans un linceul, face à la Mecque. Pour les chrétiens, la croix blanche est orientée selon la lignée de la famille de la mère (il y a 9 grandes lignées).

Harmonie entre religions
Fait admirable, le Sénégal est un pays laïc ou les chrétiens et les musulmans se respectent et voir même s’entraident. Il y a certes certaines zones habitées plus par l’un ou l’autre mais en général, ils cohabitent les mêmes quartiers ou villages. Les fêtes religieuses chrétiennes (ex : Noël) comme celles musulmans (ex : Tabaski) sont fériées. Lors de la Tabaski, les musulmans donnent un peu de viande de mouton aux chrétiens, et à Noël c’est au tour de ces derniers de partager leur viande. Ariane m’a parlé d’un spectacle qu’elle avu à Kaolack, présentant de la musique religieuse, à la fois chrétienne et musulmane. Dans les fêtes, et la vie en général, chrétiens et musulmans se côtoient facilement.

Toutes les photos ici:
http://picasaweb.google.fr/IzzabelleM/Senegal_JoalSineSaloum