mardi 15 janvier 2008

Ça va bien

D’abord parce que j’ai enfin pu sortir danser la salsa avec mon nouveau partner, Elhadj. Il danse vraiment bien (depuis 8 ans) et me donne des trucs. Je l’avais d’abord rencontré pour la salsa puis on est devenus amis.Ca fait du bien de pouvoir jaser avec quelqu’un d’éduqué, ouvert et qui a voyagé. En plus il est super gentil et il a une voiture alors c’est pratique. Donc mes downs se font moins nombreux, suffit que je l’appelle et hop on se retrouve dans une pâtisserie du coin E à jaser tranquillement devant un gâteau opéra miam. Avant hier soir, on mangeait de la bouillie (genre de gruau pas bon) à la maison, alors j’ai appelé Elhadj au secours et puis il m’invita chez lui pour l’anniversaire de son père. De la bonne bouffe en français, terminée par un mini show de salsa dans le salon. Yé! (Je vous invite à aller voir le vidéo sur youtube). Merci d’exister Elhadj!

Video de SALSA
à voir absolument!!

http://www.youtube.com/watch?v=wEfteWf1pnc

Ensuite samedi, je suis allée faire un grand tour de scooter avec Karim (oui oui LE Karim laissant tant de messages ici ;). J’ai découvert un Dakar -vivable-,ou plutôt -circulable-ou il n’y avait pratiquement pas de trafic, les gens partant à l’extérieur de la ville le week end. Karim disait aussi que vu qu’il était avec une fille les chauffeurs lui laissaient davantage la priorité. On est allé aux Almadies puis sur la Corniche Est et Ouest. J’aime bien faire du scooter, ça va plus vite qu’en voiture, car on se faufile un peu partout. On peut observer plein de choses, en ayant le même point de vue que si l’on marchait mais à plus grande vitesse. Et en plus, ça m’aider à mieux me situer dans la ville, puisque j’observe attentivement le chemin. J’ai apprécié particulièrement la balade sur la Corniche Ouest, ou les paysages intéressants, la mer et les îles se succèdent. Au détour d’une route bordée de fleurs Karim m’a fait découvert un resto donnant sur l’océan, le Lagon, vraiment trop beau. Je dois y retourner et prendre des photos… Bref une belle balade que je compte refaire plusieurs fois.

Ah oui et j’ai du adopté les expressions de France pour mieux me faire mieux comprendre. Il faut dire Week end au lieu de Fin de semaine. Courriel est devenu E-mail. Gomme est devenu Chewing Gum. Magasiner est devenu Shopping. Question de –Franciser- mon français en le bourrant de mots anglais (!!!).

dimanche 13 janvier 2008

Circuler à Dakar

Les feux de signalisation sont rares. Les stops et les lignes sur la chaussée et sont des suggestions quelquefois suivies. Même chose pour les clignotants. Il y a théoriquement 2 voies mais souvent une troisième est inventée au centre par les scooters (aux conducteurs souvent sans casques) se faufilant entre les véhicules. Si le centre ne suffit pas, il leur arrive de passer entre les voitures et le trottoir. Les véhiculent dépassent par la droite ou la gauche à leur guise sans signaler. Les ronds points en particulier sont un enfer ou tous se lancent sans aucun concept de priorité. Durant la semaine les heures de pointes s’éternisent, et seulement quitter une banlieue de Dakar pour se rendre au centre ville prend presque 2 heures ou tous coupent et klaxonnent impatiemment.

Conduire la nuit est une aventure nécessitant de bons phares car la majeure partie des tronçons de l’autoroute, en construction, n’ont pas encore de lampadaire. Par contre ceux qui sont illuminés…ils le sont tellement qu’ils en deviennent presque aveuglants! Trois sets de lumières dans les airs et un au ras du sol suivant la chaussée. Ils n’auraient pas pu commencer en mettant un seul set partout, ben non c’est tout ou rien! Autre chose laissant à désirer : l’état des routes, qui entrent en concurrence avec celles du Québec. Du sable, des trous, du sable, des trous. Mais bon, dans un pays en développement, c’est compréhensible, la priorité est ailleurs qu’avoir des belles routes.Les routes se croisent dans des angles variés et les rues sont mal identifiées ce qui fait que je m’oriente très mal dans la ville. En 2 jours je m’orientais plus dans st-Louis qu’en 2 mois dans Dakar. Il n’y a pas vraiment d’adresses ; lorsqu’on veut aller à quelque part on dit le quartier ainsi que le plus gros commerce s’y trouvant. J’habite donc a Pharmacie Derklé et Roch à Baobab Supermarché.

Même marcher dans les rues bondées de Dakar est une expérience éprouvante. Les trottoirs sont souvent en morceaux et dignes d’une piste d’hébertisme. Il y a beaucoup de monde partout, tout le temps (taux de chômage est très élevé, j’en reparlerai). Il faut contourner les chevaux attelés à leur charrette arrêtés, les moutons et chèvres, les arbres en plein milieu des trottoirs, les boutiques de fruits (celles de pastèque sont assez impressionnants, imaginez 30 melon d’eau, ca prend de la place). Des vendeurs ambulants viennent à votre rencontre, proposant cartes d’appels, cintres, lacets, moulin à viande, etc. Des traînées d’enfants courent après leur ballon en ne regardant pas avant de traverser la rue, (heureusement que les conducteurs les klaxonnent). Autobus municipaux, autocars, multiples taxis et voitures ne se gênent pas pour passer très près ou SUR le trottoir pour dépasser. Il faut être attentif à chaque moment, car ici les piétons n’ont pas priorité. Avant de traverser une rue, je dois regarder non seulement à droite, à gauche, mais aussi mon angle mort, un peu en arrière de moi, au cas ou un véhicule x surgirait. J’ai beau avoir des yeux tout le tour de la tête, je me fais toujours surprendre par un épais qui rase de me foncer dessus. Autre chose un peu dégueu : il arrive que les égouts refoulent dans la rue. Il faut alors marcher loin de celle-ci ou sinon les voitures risquent de vous splasher cette %?&* sur vous, en plus des nombreux nuages de fumé noire qu’ils laissent échapper.

Avant le départ on m’avait dit que la principale raison pour laquelle les étrangers étaient rapatriés était les accidents, maintenant je comprends pourquoi…Ne vous inquiétez pas papa, maman, je fais attention a moi.

vendredi 11 janvier 2008

Elles méritent mieux que ça

Aida m’annonce qu’aujourd’hui ça fait 10 ans que son copain et elle se connaissent. Et 7 ans qu’ils sont -ensemble-. -Mais tu le vois que quelques jours par année! Je lui demande quand il va venir et de fil en aiguille j’apprends QU’IL A DEJA UNE FEMME ET UNE FILLE en Italie. – QUOI!! Il a déjà une femme et une fille? Pfff et toi tu tolères ça? Imagine, a chaque soir, il se couche à cote d’une autre femme, lui murmurant chérie je t’aime. Je serai avec toi toute ma vie.Oui je sais…- Non, mais tu réalises? C’est vraiment un immense manque de respect envers toi! C’est fou! A chaque jour, il dit à une autre qu’il l’aime. À chaque matin, il se réveille dans le lit d’une femme qu’il aime avec qui il a une famille. Hier il lui a dit Je t’aime. Demain il lui diras encore Je t’aime. Et le jour d’après, l’autre semaine d’après et le mois prochain.. Elle me regarde, pensive. -Et tu pense qu’il pense à toi? Il s’en fou, il a déjà sa petite famille. Tu fais quoi à l’attendre ici? Tu penses qu’il va laisser sa famille et sa belle vie la bas pour toi?– Mais il m’appelle souvent.. Pfff ouais, il se met un reminder sur son calendrier pour lui rappeler que tu existes. Elle baisse le regarde, triste. - Non mais franchement tu mérites mieux que ça! Elle me relève les yeux puis me dit d’un ton convaincu. -Tu as raison!.Il faut que je me trouve quelqu’un d’autre.(Bon, il y a un espoir) -Il te faut quelqu’un qui croit en la fidélité, comme Roch.. Tsé ça existe des gars fidèles qui ne veulent rien savoir des autres filles. Moi, mes copains ils étaient tous fidèles, comme ça tu as la tête tranquille. Parce que sinon tu t’inquiètes, tu deviens folle et c’est insupportable. –Oui oui, insupportable. Je souhaite pour elle qu’elle en finisse avec ce copain, parce que sinon je vois son futur semblable à celui de Noubé. Passer son temps à attendre après un mari qui a déjà une famille. Qui vient la voir quelques jours par année. Lui faisant un enfant, puis s’en allant. Un enfant qu’elle élèvera seule (avec la belle-famille mais bon). Attente, irrespect, jalousie, inquiétude ; elles méritent plus que ça.

Un autre soir, on en vient à parler de voyages, elle me dit qu’elle aime voyager. – Ben non tu aimes pas voyager, tu ne veux même pas m’accompagner à St-Louis ou aller passer un week end sur la petite Cote. – C’est pas ça, cest que j’ai pas de liberté moi.- Mais si on va tout près, juste pour une nuit. On se loue une chambre dans une auberge, toi et moi. Pas de garçon. Et je paie. –Non je peux pas. – Comment ça tu peux pas! Mais tu as 28ans! Et à 40 ans tu ne vas toujours pas pouvoir? – Quand j’aurai un mari. (Oh my god..) – Et là tes parents veulent pas parce qu’ils ne seront pas la pour surveiller ce que tu fais c’est ça? – Voilà., pour pouvoir faire ça il faudrait que je mente. –Que tu mentes? –Dire que je vais voir de la famille. –Donc aller voir ta tante et dormir là bas ça va mais pas dormir dans une auberge avec moi? –Non. Je réfléchis. Et si on invitait ta tante à y aller avec nous ça serait bon? -Oui, ça serait bon. (Calinne que c’est compliqué). –Mais tu as pas envie des fois de te foutre de ce qu’ils pensent et de faire ce que tu veux, tsé tu as juste une vie à vivre. Tsé je te dis pas d’aller te souler et danser jusquà 6am, je dis juste sortir un peu de la maison seule.– Si j’ose faire ça ils vont me maudire et ne plus jamais m’adresser la parole. -Et tes frères s’ils découchent ça dérange? – Ah mais non, ce sont des hommes. (GRRRrr ça c’est vraiment, mais vraiment trop injuste). Elles méritent plus que ça, plus d’égalité, de confiance, d’indépendance, de liberté.

mardi 8 janvier 2008

Vive St-Louis

Vendredi, 16h, on fait nos bagages et on se joint à Mansour et Lala, du Réseau Siggil Jigeen, dans leur voyage vers St-Louis ou ils vont pour une réunion. On roule tranquillement vers Thies ou on passe devant de splendides paysages. Wow. Palmiers, cocotiers et baobas offrent un beau spectacle au coucher du soleil. Après 4 heures de route on atteint afin St-Louis. Mansour et Lala vont à leur logis respectifs puis ils nous déposent à l’Espace Jeune ou Roch et moi dénichons une chambre (avec 2 lits) pour 8000 cfa (16$). Roch reprend contact avec un ami à lui, sénégalais, mais ayant étudié avec lui à l’UQAM. Les deux sont très contents de se voir et Kissima n’arrive pas à croire que son ami de Montréal est venu le visiter dans son pays natal.

Le lendemain, je me réveille avec une centaine de piqûres sur les jambes et les bras. (Oui, une centaine!). J’aurais du amener mon moustiquaire, mais bon au moins j’ai mes pilules anti-palu. Kissima nous accompagne durant notre visite de St-Louis. On traverse le pont, on arrive sur l’Ile. On découvre une ville ou il n’y a pratiquement pas de traffic, donc pas trop de pollution et surtout un air respirable. De plus c’est relativement petit, alors facile de s’orienter et tout se trouve à distance marchable. Il n’y a pas de sable sur le trottoir. Les bâtiments sont colorés. Il y a des palmiers un peu partout. On croise plusieurs chèvres, dont quelques bébés trop mignons. Le centre ville présente de nombreux restaurants, boutiques et bars. Ah mais c’est 1000 fois mieux qu’à Dakar. Moi je veux rester ici! Roch est d’accord avec moi. On va visiter quelques boutiques dartisanat (ou les vendeurs se fontun peu harcelants mais bon, on est habitues) puis Kissima nous invite à manger chez lui. On arrive à une demeure blanche et beige, fleurie, à plusieurs étages ou les escaliers se croisent. Un jardin à l’arrière avec divers arbres fruitiers et une petite case abritant des moutons et un coq. On discute dans le salon puis on va manger du tiéboudjenne sur la table avec des couverts.

En après-midi, on va à la Langue de Barbarie, avec le 4x4 de Kissima. J’apprends que un 4x4, ça beau être tout terrain, ça peut s’enfoncer dans le sable. Notre ami passa une bonne partie de l’après-midi à essayer de déprendre sa voiture. Roch et moi on admirait les vagues et le soleil argentés. La plage s’étendait à perte de vue, il faisait froid alors il n’y avait personne. Je dessine une Patate dans le sable, clin doeil a ma sister. Pendant que Roch contemplait le paysage, subjugué, je me donnai comme mission d’aller jusqu’au bout de cette plage lointaine. Le pagne au vent, je marchai jusqu’au point ou le fleuve se joint à la mer, en croisant 4 anguilles échouées et en ramassant des coquillages. Les vagues étaient particulièrement fortes ou l’eau douce bleu foncé croisait l’eau salée verte pâle. Je revint en joggant, vers mes amis, qui étaient encore affairés à sortir le 4x4 de son trou à l’aide du cousin de Kissima et de deux touristes. J’entends parler espagnol? Nice! J’en profite pour pratiquer un peu ma 3e langue. Ah que ça me manque. On pousse tout le monde ensemble et l’engin finit par sortir. On a du sable partout, après une douche, on se rejoint pour manger. On trouve un resto cute pas cher ou on me sert une assiette colorée super appétissante accompagnée d’un jus de Bouye (pain de singe). Délicieux. Belle journée bien remplie.

Le lendemain on souhaitait aller visiter le parc du Djoud, 3e réserve mondiale d’oiseaux. Toutefois, avoir su ce qui nous attendait, on aurait sûrement opté pour le tour organisé. Ca aurait coûté aussi cher et ça aurait été beaucoup plus confortable. Soyons francs, le chemin en taxi était carrément insupportable. Le chemin cahoteux faisait claquer le vieux taxi de partout, tellement que je me bouchai les oreilles tout le long. Mais ce n’est rien comparé à toute la poussière qu’on respirait dans l’habitacle. Les trous à l’arrière du véhicule amenaient un vent de poussière qui nous obligeât à faire le trajet la bouche et le nez dans le chandail. Vraiment, on avait hâte d’arriver. Roch eut une vision du futur en s’apercevant avec les cheveux gris de poussière. On payât milles et un frais puis on embarqua à bord de la pirogue avec notre guide. Des dizaines de pélicans volaient autour de nous, seuls ou en nuée. Des cormorans africains étaient perchés, nombreux, sur un arbre. On aperçut un varan et un bébé crocodile. Des buffles bruns, noir ou beige apparaissaient de temps en temps sur les rives. On arrivât au nichoir des pélicans, des centaines de ces oiseaux prenaient place sur un immense rocher plat. Le guide nous informa que les noirs au centre sont les bébés. On cherchât un python sans succès. On revint à la rive. Le chauffeur de taxi nous fit un signe. On allât le rejoindre -Ici il y a un python. -Quoi?! Nice! Après une balade correcte, mais pas trop impressionnante, j’étais bien contente d’apercevoir un si gros reptile de près dans son milieu naturel. On revint à la ville de la même manière infernale qu’on était venus.

On quitta St-Louis à contre-cœur, la préférant de beaucoup à Dakar. Kissima nous négocia un taxi 7 places à 4300 cfa (9$). On pris place au fond de la voiture, un peu serrés avec un arabe à notre droite. On tua une heure en écoutant un épisode de Dexter, une série, sur le portable de Roch. Faut dire que tout le long de la fin de semaine, j’étais enrhumée. Et particulièrement sur le chemin du retour ça feelait pas trop, j’avais mal à la tête, j’étais ultra fatiguée puis je me mouchai et me remouchai. J’arrive à la maison à 21h. Ville sale aux trottoirs pleins de sable. Trafic permanent de taxis polluants. Bouffe médiocre servie à terre. Je ne comprends rien de ce qui se dit autour de moi. J’aurais été tellement bien chez Kissima à St-Louis, en plus il y avait 2 chambres d’invités de libre…

Toutes les photos ici: http://picasaweb.google.fr/IzzabelleM/Senegal_StLouis

Quoi ?!?

  • -Descends du lit, tu ne peux plus t’y asseoir. – Je peux pas m’asseoir sur le lit? -Tu ne peux plus t’asseoir sur le lit parce que la 1ere mère (partie a la Mecque) étudie le Coran sur ce lit. Tu ne peux pas car tu ne pries pas. Je descends. – Enh? Qu’est ce ça peut ben faire c’est juste un lit.(je dis en riant, en croyant pas mes oreilles) -Cette semaine, moi non plus je ne peux pas m’y asseoir car j’ai mes règles. (Pourtant, ça fait deux semaines qu’elle dort dans le lit?…) -Mais cette nuit tu vas bien dormir dans le lit? - Ah mais non je peux pas.. -Tu vas dormir ou alors? - Mais ici, me pointant le tapis, je vais me mettre un petit truc ici puis je vais dormir à cote du lit. (Voir là! Elle a un lit queen à côté d’elle et elle va dormir sur le tapis parce qu’elle n’est pas assez pure pour dormir sur le lit! Et moi, si je ne peux pas être sur le lit, alors peut-être que je devrais pas être dans cette pièce, vu que la mère s’y trouve lorsqu’elle lit le Coran. Ou alors ne pas regarder la même télé, qu’elle la regarde peut-être en lisant le Coran. On alors même respirer cet air, qu’elle respire en lisant le Coran.). C’est trop ridicule. Je me lève. Je me tourne vers le mur, découragée et bien au dessus de ces règles insensées à mes yeux, je me cogne la tête contre le mur trois fois en riant. Sur quelle planète ais-je donc atteri? Je sors.
  • La tante de Aida lui demande de l’aider avec ses cheveux. -Peux tu aider ma tante à enlever ses mèches, moi le Coran veut pas je le fasse. -Enh? Je vais l’aider sans poser de questions, plus tard je lui reparle de la situation. -Pourquoi tu ne pouvais pas toucher les mèches de ta tante? -Parce que c’est mal il faut pas que je touche ça. -Donc Fama quand elle m’a fait mes tresses c’était mal? –Oui, parce qu’elle a mis des faux cheveux. -Euh, et puis les coiffeuses qui en touchent tout le temps. -Elles ne devraient pas faire ça. Tu sais Dieu ne veut pas qu’on se mette des mèches ou qu’on modifie notre apparence, il veut qu’on reste au naturel. -C’est toi qui dit ça! Mais pourtant tu te mets une tonne de maquillage. -Tu as raison, c’est mal le maquillage, on ne devrait pas en mettre. -Et ceux qui se font faire des trous entre les dents ici? En pointant mes dents de devant. Pape et Aida répondent en chœur, -Ca c’est mal! Je pense un peu… -Et puis se faire percer les oreilles ça aussi c’est mal? -Ah non ça va, c’est pour nous différencier. -Hmm et puis ici, je pointe mon piercing de nombril, par contre c’est mal? -Ah mais oui! (Comme de quoi qu’on prend et qu’on laisse ce qu’on veut bien.)
  • Je veux prendre un plat en photo. Moudou, tout révolté, -Ah mais non ça ne se fait pas ça, c’est un animal sacré! -Euh pourtant je lai bien pris en photo tout a l’heure pendant qu’on le préparait et il y avait pas de problème… (Tsss et s’il serait si sacré que ça on lui couperait pas la gorge, pour le gonfler, pour l’ouvrir de partout et pour manger tout jusqu’à con crane et ses intestins…)
  • Je suis dans la chambre de Noubé. Je regarde les photos accrochées près du miroir. Je reconnais plusieurs visages. Je vois une petite fille, -Aida, ça c’est qui? -C’est la fille de Moudou. -Euh? Noubé a une fille, elle est ou? -Non non, c’est la fille qu’il a eu avec sa 2e femme, avec qui il vit en Italie. -Pour vrai? Et puis elle a la photo de la fille que son mari a eu avec une autre femme dans sa chambre? -Bien oui, c’est la fille de Moudou! Ouff. (Me semble que je mettrais pas ça dans ma chambre…Me faire rappeler à chaque jour que mon mari est dans un autre pays avec une autre femme, une autre famille, avec qui il passe 90% de l’année. Ca me briserait le cœur…)
  • Ngaya m’emmène ou les filles sont parties. -On va visiter la femme de mon frère qui vient de se marier. -La femme de ton frère? -Mais ton frère il est ou? En Italie. -Euh, il est en Italie en ce moment, elle ici à Dakar et les deux viennent de se marier? -Mais oui ça arrive souvent ici. Étrange et un peu triste je trouve, se marier ensemble, mais en n’étant pas ensemble.. -Et c’est quand il est venu la dernière fois? -A la fin du Ramadan, il y a 2 mois environ…Ouff je comprends pas comment elles font pour se marier en sachant très bien qu’elles ne verront leur mari que quelques mois ou quelques semaine durant l’année.
  • J’entre dans la chambre de Aida, ou se trouvent Aida, Papa et Baye Niane. Je laisse mes sandales à l’entrée, mais une se retourne en l’ôtant. -Tourne ta chaussure! me lance Baye Niane. -Quoi?? -Tournes ta chaussure! -Ben la ça fait quoi qu’elle soit comme ça?C’est encore le Coran qui dit que je dois tourner ma sandale? – Non c’est pas ça, mais il faut la tourner c’est la tradition! Je reste bien assise, incrédule, souriante. (Merde, c’est juste une sandale!) Baye Niane finit par aller tourner ma sandale. Ayoye.
  • Un soir, il fait froid. Je décide de mettre mes running shoes avec des bas au lieu des sandales. Je suis en pagne donc le mixte godasses-jupe fait pas sexy mais je m’en fou je suis chez moi et j’ai froid aux pieds. Je vais au salon ou se trouvent les filles et un gars habillé en vert que j’ai jamais vu. Je dis salue tout le monde, lui me dit même pas bonjour et regarde mes souliers avec un air moqueur. En wolof, il dit de quoi aux filles en me regardant. -Bla bla bla toubab bla bla bla. Il pointe mes souliers et semble se foutre de ma gueule. Dans sa face, je lui dis -Il sont beaux mes souliers tu trouve pas? J’effectue plein de poses mettant en valeur mes superbes souliers. Les filles rient. On monte tous manger. Lors du repas, comme d’habitude, tout le monde parle en wolof. Le gars en vert me regarde toujours bizarrement et semble encore parler de moi, me provoquant presque. (Ah ce que t’es con toi, parler de moi dans ma face.). Je finis, je vais dans ma chambre préparer mes affaires pour St-Louis. Le gars en vert arrive à ma porte. – 1000 francs pour le voyage. (Quoi tu parles français toi maintenant?). – Quoi, tu veux me donner 1000 francs pour mon voyage? (Ça doit être pour se faire pardonner d’avoir été aussi con..) – Non non. Toi, donner a moi 1000 francs. J’en crois pas mes oreilles – Ahaha. Certainement pas!. Non seulement tu te fous de ma gueule mais tu viens me quêter de l’argent en plus. Mais t’es vraiment trop con.
  • Le thé servi après le déjeuner est très sucré. Quelquefois j’ai l’impression que c’est du sucre au thé et non du thé sucré. Même chose pour le lait à la menthe, déjà sucré, les personnes y rajoutent une grande quantité de sucre. Un matin je demande à Faye au Réseau de me faire un café. Il m’apporte une petite tasse, remplie à moitié. (Ah la la, pourquoi il la rempli jamais, ça me fait deux gorgées et demies…) J’y goûte Ah mon dieu que c’est sucré… -Faye, tu as mis combien de sucre? Il me répond tout normalement -4. – 4?! 4!!!!???? La prochaine fois, mets le sucre a côté veux tu. -Ok. Je m’assis…J’en reviens pas 4!!!
  • Je tasse la nourriture à petits coups de cuillère, de façon un peu rapide. Fama me dit, presque fâchée -Arrête, fait pas ça! -Quoi? -Faut pas faire ça, ça donne mal au ventre! (Si tas mal au ventre ça m’étonnerait que ce soit parce que je tasse la nourriture rapidement. C’est sûrement plus a cause que la viande crue reste des heures, voir des jours sur le comptoir ou même a terre, et qu’on mange tous dans le même plat en partageant nos microbes.)

mardi 1 janvier 2008

La veille du jour de l’an

J’arrive chez Kalilou avec ses amis de la radio, on monte sur le toit ou Olivier, sa copine sénégalaise et d’autres personnes nous attendent. Le portable joue de la musique, ils ont fait un feu. -Ma chérie ça va? Me lance une fille que je connais à peine, -Tu t’ennuis? -Ouais ça va, à moitié-convaincue. Je connais pratiquement personne à part Olivier...mon partner Roch n’arrive pas, je m’emmerde un peu… Un gars très ordinaire en complet décide qu’il s’intéresse a moi. -Ah mais moi je veux bien une copine canadienne.- Mets toi en ligne t’es pas le seul je réponds froidement (ah là là je peux pas avoir la paix une soirée, on me dit ça partout ou je vais…). Les personnes jasent entre elles, je ne sais pas pourquoi, ça ne me tente même pas de faire le moindre petit effort pour m’intégrer. Olivier ouvre sa bouteille de mousseux, il est minuit, bonne année! C’est cool je trouve, d’aussi loin qu’on puisse voir, il y a des feux qui explosent.. et ça dure et dure une heure entière. Le fait que un feu explose à plusieurs coins de rue dans chaque quartier, ça fait une toute une ambiance, comme si la ville entière célébrait ensemble simultanément. Olivier est avec sa copine, et il y a deux autres couples et d’autres gars dont j’ignore le nom à qui j’ai jamais adressé la parole. Je me sens vide, seule… J’aimerais juste être avec mes parents, ma sœur, un ami ou n’importe qui me connaissant véritablement pour célébrer cette nouvelle année. Si au moins il y avait un gars cute pour me distraire, mais bon disons que les gars cutes sont une denrée rare ici. Olivier paraît bien heureux lui avec ses deux sénégalaises, La bière à la main, il dit tout heureux -Ça y est, je me convertis à l’islam ; c’est une bonne chose pouvoir avoir 4 femmes. J’appelle mes parents pour leur souhaiter bonne année. Il vente, j’ai froid. Silencieuse, je regarde les feux d’artifices et les chauves-souris. Je pense ou j’étais l’année dernière à pareille date. José Luis avait été si gentil, si attentionné… je me demande ce qu’il fait en ce moment. Roch arrive enfin. On décide enfin de bouger.

On prend un taxi pour aller jusqu’à chez Iba. C’est soirée salsa. Joie. Peut-être Elhadj pourra venir me rejoindre et la soirée finira en beauté. Prix d’entrée : 2500 cfa. Bien sur, les 3 toubabs doivent payer pour tout le monde alors ça nous fait 7500 cfa chaque si on veut y aller. Olivier et Roch chialent que c’est cher et on va à un autre bar gratuit un peu plus loin. Il est 2 am. On entre, j’aperçois un gros écran sur lequel joue le roi du mbalax, Youssou Ndour. Je remarque que la place est quand même pleine, mais les personnes sont toutes assises, silencieuses, fixant l’écran. On prend place sur des chaises alignées sur une seule ligne décourageant toute conversation avec quelqu’un d’autre que son voisin immédiat. Les personnes de notre groupe se commandent des cocas et fanta à l’orange (- comme des enfants de 10 ans). Les clips jouant sur l’écran sont tous les plus quétaines et mal faits les uns que les autres. On dirait qu’on est dans un salon à regarder la télé. Vraiment, je m’emmerde. Mon seul espoir de passer une soirée potable vient de disparaître avec Elhadj qui m’annonce qu’il ne viendra pas. Je regarde la foule assise derrière moi, la piste de danse vide, mon dieu qu’ils sont plates ces Sénégalais. Qu’est ce que je ne donnerais pas pour être en Amérique latine en ce moment, eux ils savent comment fêter. Je regarde Roch, -On reste vraiment ici? -Mais oui, moi je viens de payer 6000cfa pour les boissons de tout le monde. J’attends un moment. -Fuck off moi j’y vais. Bye. Je rentre à la maison. J’écris mon blog pendant que des -chants- religieux jouent encore depuis je ne sais trop ou. Le soit disant chanteur crie à tue-tête par coups, comme s’il souffrait profondément… Ca pourrait très bien être un voisin en train de se faire assassiner de plusieurs coups de couteaux par Mike Myers, ça ferait le même bruit. Je décide que l’année prochaine je serai avec ma famille pour les fêtes.

Bonne année 2008 à tous!